Valentin Hénault résidait en Inde afin de réaliser un documentaire sur les femmes Dalit. Ces femmes, de la caste des Intouchables, sont régulièrement battues, violées ou assassinées. Quiconque critique ces pratiques barbares est sévèrement puni. Dont acte : Valentin Hénault est attrapé par la police et jeté en prison. Sans interrogatoire ni avocat ni appels à sa famille.

Emprisonné au pavillon des fous, il découvre des bruits, des odeurs, des images, qui le hantent encore. « Honte à moi si j’oublie », dit-il. Il s’oblige à tout retenir afin d’écrire un livre – s’il sort. Perspective qui s’éloigne, car on l’accuse d’avoir fomenté un coup d’État, selon le procédé du kompromat soviétique… Pourtant il persiste à consigner, en secret, les incroyables destins innocents de ses codétenus. À les lire, le cœur se fend, l’empathie le disputant à la colère : quel est ce pays qui traite ainsi des humains, dont l’Occident vante pourtant la spiritualité ? Cette colère irrigue ce Midnight Express indien. Mené caméra à l’épaule, le récit mêle intime et politique, horreur et fraternité. Remuant, inoubliable.